Unfold me I'm small.

Unfold me I'm small.


Je voudrais que le train ralentisse ou descendre n'importe où & revenir à pieds. Rompre l'éloignement. Il y a mes doigts rougis qui martèlent la vitre, mes mains abîmées & les lancements sourds d'un coeur qui bat à ton rythme. Il y a mon pull que je laisse m'étouffer, si je ne respire plus je reviendrai. Si mon ventre se rend & se tord d'un dernier sursaut, je n'aurai plus mal d'être séparée de toi ne serait-ce qu'un instant. La mort se teinte de réconfort. Je me persuade que de loin tu sens comme mes cils s'alourdissent de me savoir coupée de toi pour les nuits qui viennent, j'irradie de douleur, du manque & d'un fatras de sensations à couper le souffle. C'est mon coeur qu'on poinçonne. Mon corps sec & tendu vers toi que les valises heurtent sans ménagement. C'est le bout de moi qui t'appartient qui s'appuie au siège & les cheveux lissés de tes mains qui envahissent mon visage. Je laisse mes pieds immobiles, posés sur le sol & ce simple effort appelle le souvenir des cours passés à côté de toi, la main sur tes jambes en mouvement. Je n'aime pas te sentir nerveuse & souviens-toi comme toi seule sait me calmer : je garde sur mes lèvres mordues l'empreinte de tes doigts. Je place sous le sceau du secret ces heures que tu me réserves. D'ici je n'ai que mon crayon & une feuille pliée en douze posée sur la tablette pour les mots d'amour que je chuchote d'ordinaire. Je n'ai que le cri des rails que je guette d'une oreille pour réponse. Tous ces mots ne sont que répétition mais ils sont tiens.. Je t'aime tant. Je t'aime de m'avoir laissé partir & d'avoir tu tes doutes. Je t'aime de soustraire tes mains qui tremblent à mon regard. Mon amour, tu m'apaises & tu respires ma peur.. Tu sais pourquoi je pars & tu sais que je reviendrai, on me l'a promis, je te le promets. J'ai fait de nos rêves un tas que l'avenir se fera un devoir d'amenuiser. Accorde-moi encore un peu de ce temps que je perds & je serai à toi, je serai là pour toi & je reprendrai le cours d'une vie qui t'est dédiée. Tu sais à quel point je me fous d'être pompeuse. On le serait à moins. Qui tombe par hasard sur la moitié de coeur qui lui fait défaut écrit ce genre de lettres pompeuses & exaltées, & se reconnaît dans la littérature des grands amours. Tous les livres parlent de nous. & si d'aventure j'en écris un plus tard je te conjure de lire entre les lignes, il ne sera question que de toi & de mes émotions en montagnes russes quand tes bras sont trop loin pour les retenir. Mon voisin se lève déjà, la route touche à sa fin. C'est ma peur qui reprend & ma gorge qui se noue, c'est mes larmes brûlantes que je sèche, je voudrais te savoir là. Je voudrais avoir le choix. Je vais glisser ce torchon dans ma poche & le poster à la première boîte. Je t'enverrai des cartes par centaines, une pour chaque jour de combat, une par jour de survie, une pour chaque rêve qui viendra grandir la pile. Je t'enverrai des sucettes à la pomme & des coeurs rouges mal coupés, des mots d'amour à n'en plus pouvoir; je t'enverrai l'espoir qu'à mon retour je n'aie plus à te laisser.

Be my friend
Hold me, wrap me up
Unfold me
I am small
I'm needy
Warm me up
And breathe me
<3
# Posté le lundi 09 mars 2009 14:43
Modifié le lundi 09 mars 2009 17:52

I'm so tired of never fixing the pain.

I'm so tired of never fixing the pain.


J'aime pas jouer les grandes filles mais de nous deux j'ai le plus mauvais rôle, c'est à moi qu'il revient de partir. Je voudrais être celle qui s'éternise & arpente cet appart surchauffé comme pour y saisir des bouts de lui jetés ça & là, celle qui pose ses mains toute gelées de manque sur le sol & sur le lit jusqu'à sentir nos peaux l'une contre l'autre, qui s'assoit par terre dos au mur pour puiser l'énergie d'une vie sans lui. Nous ne sommes pas infaillibles mais nous sommes deux & nos erreurs en sont deux fois moindres. On a essayé le plus possible, il m'a façonnée, il n'était pas qu'une grande partie de ma vie mais ma vie en grande partie & je suis fière d'avoir aimé comme on aime à vingt ans, sans conditions & sans raison; je suis fière d'avoir été aimée de Théo & de ses bras qui couvrent si bien mon ventre, mes jambes, de ses bras qui m'enlacent & se glissaient furtifs dans nos nuits de rêves toutes étoiles dehors. J'ai si mal. Je meuble l'instant du départ de toute ma tendresse en réserve, je le serre contre moi, l'étouffe mon Théo, j'ai des envies de rester jusqu'à la déchirure & peu importe la douleur j'ai envie qu'on finisse par ne plus s'aimer & que cette porte se claque dans un grand bruit d'histoire parvenue à son terme. Il me sourit. Je le déteste ce sourire triste de clown, je pleure & son visage mouillé m'attire toujours, il est à moi ce visage, toutes ces années il était à moi. Je le regarde & je tourne les talons. Mon manteau est accroché à sa place. Je sens ses paquets de clopes dans la poche droite, ils n'en bougeront plus. Je suis dans l'escalier, j'avance, je m'entoure de mon écharpe pour lutter contre le froid qui mord & saisit, je descends les yeux baissés sur les marches. Je n'entends pas le bruit derrière moi. Je n'entends plus rien mais c'est la fin.


Qu'on me laisse reprendre les bouts de ma vie en suspension. Je suis en miettes.
# Posté le lundi 26 janvier 2009 10:37
Modifié le jeudi 29 janvier 2009 17:14

Guess it's over.

Guess it's over.


Je collectionne les premières fois sans toi comme autant de souvenirs dont je pourrais me passer. Mes textes dont tu ne soupçonnnais pas l'existence s'entassent à présent en grandes piles bancales sur un coin de ton bureau. Pour survivre j'ai réinvesti ton espace tant bien que mal, j'ai jeté au loin l'idée que tu es partout & que tu es tout, j'ai posé ton oreiller sur le mien dans l'espoir de nuits meilleures, j'ai fini tes paquets de BN, donné une seconde vie au tiroir usé de la table de chevet, collé tes patchs d'ex-fumeur contre ma peau. A ceux qui laissent entendre à mots couverts que je ne fais qu'entretenir la douleur je ne réponds plus rien. Cette maison déborde d'un trop-plein de toi, de la porte du frigo couverte des petites lettres assemblées pour dire je t'aime -un je t'aime sans apostrophe qui me fait de moins en moins sourire- à ce parquet mal ciré où on savait si bien s'échouer. Je ne m'y ferai pas. Je ne m'y fais pas & je deviens folle, j'empile les pages que je te destine, je compose ton numéro plusieurs fois par jour, il n'est attribué à personne & j'écoute toujours la voix enregistrée jusqu'au bout avant de reposer le téléphone sur la table froide de la cuisine. Tu remplis mes journées de rituels absurdes. Il ne nous manquait pourtant rien. On avait l'amour, le manque, l'envie & le désir, on avait des idées d'avenir à deux, des quatre-vingt prochaines années à deux, on avait l'illusion, les sorties au parc & ton doigt contre ma joue, ma joue contre ton pull. La jalousie, les longues soirées avec le pop-corn qui envahit la cuisine, on avait les courses au pas de charge pour rentrer plus vite, on avait l'amour, Lucas. On avait l'amour & je cherche depuis que j'ai tout mon temps, je cherche depuis le 8 septembre ce que j'ai pas su faire, d'où t'es venue l'idée qu'un amour sans condition ne valait plus assez.. Je cherche ce qui a bien pu nous manquer.

# Posté le jeudi 22 janvier 2009 06:06
Modifié le samedi 24 janvier 2009 11:51

She's the Queen.

She's the Queen.
*

Quand je te voyais poser tes pieds comme ça, presque en pointes sur la moquette, je sentais que ce silence-là tu voulais pas le gâcher & j'avais encore plus envie de goûter tes bras. Je t'ai regardé t'agiter dans ma cuisine, remuer les casseroles, sortir les yaourts allégés comme s'ils me mettaient en danger & les reposer dans un alignement qui me faisait sourire même dans cet état. Tu refusais de poser les yeux sur moi. Peut-être parce que j'étais à l'abandon & que tu te sentais responsable mais plus sûrement parce que je te faisais peur. Depuis le début j'ai le contrôle & ça te fait peur. Je sais te faire approcher, reculer, je sais garder le silence des mois entiers. Je sais t'appeler comme hier soir & te faire traverser une ville déserte de froid pour courir à ma porte avec ce vent qui s'engouffre à ta suite. Je sais que tu m'aimes encore quand je suis restée toute seule neuf jours & que mes cheveux sont plus décoiffés encore que les tiens, qu'on voit toutes mes côtes & que je garde mes yeux posés sur un montant de fenêtre pour te cacher leur couleur. Je sais que j'ai ce pouvoir sur toi. J'en abuse, c'est certain, j'en abuse comme dans nos premiers temps j'usais ton coeur d'indécision. Hier soir tu étais là & j'ai commencé à vider un par un tous mes cendriers. J'attendais que tu me recadres pour repartir à la dérive. Tu as sorti un plat & comme en réaction au choc contre la table je suis partie prendre une douche, attacher mes cheveux gorgés d'eau avec un crayon, me noircir les yeux. Mes cernes t'étaient familières. Tout en toi respirait le silence, jusqu'à tes gestes doux mais fermes, jusqu'à tes efforts pour ne pas me regarder. J'ai mangé, presque rien, je t'ai laissé faire le tour des pièces & ouvrir les volets, les fenêtres, ouvrir tout en grand malgré la nuit & ton pull pas assez épais pour le vent qui chasse les odeurs de tabac. S'il avait fallu tu serais resté toute la nuit. Des nuits entières à me nourrir comme une enfant. J'aurais voulu que tu restes mais je suis celle à qui tu as murmuré à l'oreille quand t'avais pas encore peur de parler il y a deux ans "t'es une Seule toi, t'es ma toute Seule" alors je veux pas te décevoir. Ce serait comme m'abîmer à tes yeux & je m'y refuse. Je peux rester seule même si je me tue puisque tu restes. Tant que tu m'oublies pas, tant que j'ai la force de t'ouvrir & de laisser le vent te suivre. Tu es mon reste de vie, le bout qui tient encore le coup. Ma respiration.


J'ai jamais eu besoin que tu me regardes pour sentir que tu m'aimes.
# Posté le samedi 03 janvier 2009 09:36
Modifié le samedi 03 janvier 2009 09:56

(Pour Pauline, le reste.)

" Souvent je m'assois par terre & je souris du temps que j'aurai passé au sol, des heures adossée au mur comme si la position debout n'était réservée qu'aux bien-portants. Aux valides. Je suis juste plus morte que vive. Je crois que je fais de mon mieux pour guérir mais que je n'en ai pas envie. Pas encore. Qu'on me laisse du temps. "
# Posté le samedi 20 décembre 2008 18:00
Modifié le vendredi 03 avril 2009 05:45